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Directives anticipées et personne de confiance : quel rôle pour les professionnels ?

23 octobre 2026 5 min de lecture
Directives anticipées et personne de confiance : quel rôle pour les professionnels ?

Le rôle des professionnels est d'informer, proposer et faciliter, jamais de décider à la place de la personne. Concrètement : expliquer ce que sont les directives anticipées et la personne de confiance, proposer d'en parler au bon moment, aider à formaliser si la personne le souhaite, puis s'assurer que les documents sont connus de ceux qui en auront besoin.

Deux outils, deux fonctions

Directives anticipéesPersonne de confiance
Ce que c'estUn écrit où la personne exprime ses souhaits sur la poursuite, la limitation, l'arrêt ou le refus de traitements en fin de vieUne personne désignée pour accompagner et, si besoin, témoigner de la volonté de la personne
QuiToute personne majeureUn parent, un proche, le médecin traitant ou toute personne choisie
FormeÉcrit daté et signé, sur papier libre ou modèle officielDésignation écrite, cosignée par la personne désignée
DuréeSans limite de durée ; révisables et révocables à tout momentRévocable à tout moment
TextesArticles L1111-11 et suivants du Code de la santé publiqueArticle L1111-6 du CSP ; article L311-5-1 du CASF pour les ESSMS

Les directives anticipées s'imposent au médecin, sauf en cas d'urgence vitale le temps d'une évaluation complète, ou si elles sont manifestement inappropriées ou non conformes à la situation médicale ; dans ce cas, la décision est prise à l'issue d'une procédure collégiale et la personne de confiance ou, à défaut, la famille en est informée.

Ce que dit la règle en établissement médico-social

Dans les établissements et services sociaux et médico-sociaux, la personne accueillie est informée, lors de son admission, de la possibilité de désigner une personne de confiance (article L311-5-1 du CASF). Dans ce cadre, la personne de confiance peut l'accompagner dans ses démarches et assister aux entretiens médicaux pour l'aider dans ses décisions.

Lorsque la personne fait l'objet d'une mesure de protection juridique avec représentation relative à la personne, des règles particulières s'appliquent : la désignation d'une personne de confiance suppose l'autorisation du juge ou du conseil de famille.

Ce que la loi de mai 2026 renforce

La loi n° 2026-404 du 26 mai 2026 sur l'égal accès aux soins palliatifs et d'accompagnement renforce l'information sur ces deux dispositifs. Elle prévoit notamment :

  • la remise d'un guide présentant son rôle à la personne de confiance lors de sa désignation ;
  • la possibilité d'annexer le plan personnalisé d'accompagnement aux directives anticipées ;
  • la conservation des directives anticipées dans le dossier médical partagé (Mon espace santé) ; en cas de versions multiples, la plus récente prévaut.

Les gestes professionnels qui comptent

Choisir le moment

Il n'y a pas de bon moment universel. L'admission est souvent chargée d'émotions ; certaines personnes préfèrent en parler plus tard, au calme, ou après un événement de santé. Proposer, puis reproposer, sans insister.

Expliquer simplement

Beaucoup de personnes confondent la personne de confiance avec la personne à prévenir, ou avec le tuteur. Prendre le temps de clarifier évite des malentendus douloureux plus tard.

Respecter le refus

Rédiger des directives anticipées est un droit, pas une obligation. Une personne peut aussi ne pas vouloir désigner de personne de confiance.

Transmettre

Un document que personne ne retrouve ne sert à rien. Il faut savoir où il est conservé, l'indiquer dans le dossier, s'assurer que le médecin traitant et l'équipe de nuit le savent.

Aider sans influencer

Si la personne ne peut pas écrire mais peut exprimer sa volonté, deux témoins, dont la personne de confiance si elle a été désignée, peuvent attester que le document est l'expression de sa volonté. Le professionnel aide à formuler ; il ne suggère pas de contenu.

Les questions à travailler en équipe

  • Qui, dans l'équipe, aborde le sujet, et comment s'assure-t-on que cela a été fait ?
  • Que fait-on quand la famille conteste les souhaits exprimés ?
  • Comment recueillir les souhaits d'une personne dont les capacités de communication sont réduites ?

Ces conversations demandent de l'aisance et des mots justes. Notre formation accompagner la fin de vie prépare les équipes à les mener, à partir de situations concrètes et de mises en situation.

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